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SITUATION INTERIEURE
le mérite d’avoir seule couvert la Suisse de son amitié,posa en fait l’indépendance des cantons et leur exemp-tion des tribunaux de l’empire. Leur droit souverainfut inscrit, le 24 octobre, dans l’acte du traité, et il lefut de telle manière, que les Confédérés ne paraissantpas comme partie, ne contractaient aucun engagement.Sans avoir pris part à la guerre, ils obtenaient tout ceque la vjctoire eût pu leur donner.
La paix de Westphalie mit fin aux grandes luttesnées de la réforme. Elle proclamait la paix des reli-gions, et reconnaissait l’égalité de droit des luthérienset des calvinistes. En même temps l’empereur, quiavait été près de relever le trône des Césars, redeve-nait le chef d’une aristocratie de princes. Les deuxcauses vaincues en France, celle de la réforme et cellede l’indépendance des provinces, venaient donc del’emporter en Allemagne et de recevoir la sanctiond’un congrès européen.
Le peuple suisse était, à cette époque, déchu durang qu’il occupait au commencement du seizièmesiècle ; toutefois son sort, comparé à celui des peuplesvoisins, paraissait encore digne d’envie. Ni l’élan desesprits, ni les efforts du peuple pour améliorer sa con-dition, n’avaient cessé. Il n’existait plus chez les Con-fédérés de traces de servage, sinon dans les bailliagescommuns. La population s’était accrue, quoiqu’ellen’eût pas atteint la moitié du chiffre auquel l’industrieet la liberté l’ont porté de nos jours. L’horlogerie avaitcommencé à Genève. (1587.) Berne avait, en 1591,aboli la vaine pâture. La découverte des mines de Bexavait affranchi ce canton d’une partie du tribut qu’il