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II Des commencements de la réforme a notre temps.
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GUERRE DES PAYSANS

villages. Bientôt il n’y fut plus question que de la pro-chaine irruption d’étrangers invulnérables, dont lacruauté ne devait pas épargner l’enfant dans le ventrede sa mère. « Si les balles, dirent les paysans, ne peu-vent rompre le charme dont les Welches s’environ-nent, brisons avec des massues ces artifices du diable. »Aussitôt jeunes et vieux se ren4ent dans les forêts;ils y taillent huit cents morgenstern, qu’ils garnissentde pointes de fer. Un procureur étant, sur ces entre-faites, arrivé dans l’Entlibouch, chargé de poursuivredes débiteurs, les villageois lui lièrent les mains der-rière le dos, lui mirent une couronne de paille sur latête, un frein d’osier dans la bouche, un nez et desoreilles de bois; puis ils le promenèrent ainsi vêtu, aumilieu des rires retentissants et au son des fifres etdes tambours. Une église, celle de la Sainte-Croix,domine tout l’Entlibouch. Tous les ans, en septembre,les paroisses environnantes s’assemblaient tout à l’en-tour, pour célébrer, dans un air vif et pur, ces jeuxdans lesquels l’habitant des Alpes déploie sa force etson adresse. Le 26 janvier, tout un peuple s’y porta,les croix mêlées aux drapeaux; tous jurèrent de setenir prêts à bien défendre leur indépendance, puisils rentrèrent chez eux dans la joie, insouciants del’avenir.

Sommés de rendre compte de leur rébellion : « Mes-sieurs de Lucerne, répondirent-ils, sont aussi près denous que nous d’eux; nous les attendons. » Il fallutque l’avoyer Dulliker se rendît dans l’Entlibouch. Le15 février, les communes s’assemblèrent en armes,pour l’écouter. 1400 hommes se rangèrent, trois de