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II Des commencements de la réforme a notre temps.
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200 LES SUISSES AU SERVICE DE LOUIS XIV

dans les compagnies franches. Des quatre régimentscapitulés, l’un fut la récompense des services deStouppa. Vingt-cinq mille Suisses s’avancèrent sousles drapeaux de Louis XIV.

Quels ennemis allaient-ils avoir à combattre? Ilsl’ignoraient. Louis s’était adressé à l’Angleterre, à laSuède, et en avait fait ses alliées; pris isolément, lesprinces de l’Allemagne avaient été pareillement sé-duits. Lorsque la politique eut rempli son rôle, lafoudre partit. Louis n’avait pas oublié que les Hollan-dais, ses alliés lorsqu’il avait commencé la dernièreguerre, s’étaient tournés contre lui, et il se levait pourles en punir. Ses armées descendirent vers le Rhin ;l’ordre fut donné de passer ce fleuve.

Que feront les régiments confédérés? Le peuplequ’ils reçoivent l’ordre d’attaquer est l’allié natureldes cantons. Même liberté, mêmes destinées. Les trai-tés qui lient les Suisses au roi sont purement défen-sifs, et l’attaque est évidente. Le régiment d’Erlach, lepremier en scène, invoqua ces traités et refusa de pas-ser outre ; mais aussitôt Condé fit envelopper les régi-ments suisses, et l’armée les porta de vive force audelà du fleuve. Quelques officiers restèrent seuls fidèlesà la voix de leur patrie. Nicolas Daxelhofer brisa sapique et, suivi de ses quatre fils, reprit le chemin desAlpes. Des soldats isolés qui refusèrent d’obéir, furentimpitoyablement taillés en pièces.

A la nouvelle de ces événements se réveillèrent enSuisse la honte, les regrets, les alarmes. Le parti na-tional se releva. Dans les cantons réformés, toutes leschaires dirent le péril de la religion et de l’indépen-