Band 
II Des commencements de la réforme a notre temps.
JPEG-Download
 

216

SECONDE GUERRE DE W1LMERGUE

mann fit flotter un drapeau franc dans l’Unterwalden,Trinkler à Zoug. « Les seigneurs, dirent pâtres et pay-sans, s’entendent pour nous perdre; courons doncsous les drapeaux francs; là, ni censes, ni dîmes; plusde lettres de rente dans les petits cantons. »

Lucerne hésitait entre la paix jurée et l’entraîne-ment populaire, quand, se levant brusquement, etrésolus à rompre une paix abhorrée, Ackermann etRéding mirent fin à toute irrésolution. L’armée ber-noise avait, sur l’ordre du sénat, pris ses cantonne-ments à Mouri, et fait porter ses postes avancés jusqu’àSins, à cinq lieues de Lucerne. Quelques compagniesvaudoises, sous le colonel Monnier, occupaient cetteposition, que Sacconay jugeait périlleuse. La petitetroupe ne tarda pas, en effet, à se voir enveloppée parles corps francs d’Ackermann; elle se défendit jusqu’àce que, n’ayant plus ni poudre, ni plomb, Monniertendit son cachet, en signe de reddition. Irrités de sarésistance, les corps francs l’eussent massacré, si leurchef ne l’eût arraché de leurs mains. (21 juillet.)

A la nouvelle du désastre de Sins l’armée bernoise,forte de 8000 hommes, recula jusqu’au plateau qui seprolonge de Wohlen à Wilmergue, tandis que lescatholiques, au nombre de 10 à 12000, marchaient surses pas. Le jour de la saint Jacques, 25 juillet, augrand matin, les Bernois se rangèrent en bataille entreHembrounn et Dintinkon. Des dragons vaudois fer-maient la marche lorsque les Lucernois, se déployantsur les collines, leur envoyèrent une grêle de balleset de boulets; aussitôt Davel, montrant à ses gens lescanons à peu de distance, leur donna l’exemple, cou-