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II Des commencements de la réforme a notre temps.
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DAVEL

avait érigé en maxime d’état le devoir d’une exactejustice et proclamé l’égalité de ses sujets devant laloi. On citait tel paysan qui avait obtenu gain de causecontre son bailli. Les juges n’avaient pas fait de lascience du droit leur étude ; le bon sens leur en tenaitlieu. La procédure était sommaire. Le droit romainn’était suivi qu’autant qu’il paraissait conforme à l’é-quité. La torture cédait peu à peu la place à la preuvepar témoins. L’accusé dont l’innocence avait été re-connue recevait, au sortir de prison, une rose blanchede la main d’une jeune fille.

La loi se publiait sous la forme d’ordonnances oude mandats. C’était un confus arsenal d’armes tournéestantôt contre la routine, et tantôt contre l’innovation,un jour, contre le désordre, et le lendemain, contre laliberté. Mandats sur mandats s’attaquaient à l’usagedu tabac, du thé, du café, du cacao. D’autres combat-taient les toiles d’or, d’argent, de brocard, et commeune adresse ingénieuse savait éluder la loi, celle-cipoursuivait la mode jusque dans les replis les plusmystérieux de la toilette. Une sainte colère s’emparade LL. EE. à la nouvelle qu’il se trouvait à Yevey unmaître de danse, catholique, dont la présence donnaitlieu à de grands scandales, comme à des bals, de nuit,entre les deux sexes. L’étranger fut chassé, et la villede Vevey censurée pour sa tolérance criminelle.

Telle était Berne, telles étaient, à maints égards,les villes suisses. A Bâle aussi, le gouvernement sedisait l’état. Durant dix ans, le Grand Conseil fut uneseule fois convoqué, les comptes de la république nefurent l’objet d’aucun contrôle. Mais la division s’étant