LA SUISSE SOUS L’ACTE DE MÉDIATION 325
dance. Si un seul bataillon bernois avait suivi lestroupes autrichiennes, trente mille Vaudois se seraientlevés pour opposer la force à la force, non pas auxarmées alliées, les alliés sont entrés chez nous commeamis, mais aux troupes de Berne. Nous voulons, à toutprix, maintenir notre existence. — C’est bien, répon-dit le général. Quant à moi, ma mission est de faire laguerre à la France; je ne me mêle pas de politique. Jesuis cosmopolite, » ajouta-t-il en riant. En un momentoù tout acte de faiblesse eût perdu le canton de Vaud, ilfut sauvé par la ferme attitude de son peuple et de sesmagistrats. Bubna poursuivit sa marche vers Genève,qui l’accueillit comme son libérateur. Vers le mêmetemps, une division autrichienne pénétra dans le Val-lais, qui s’empressa de recouvrer son indépendance,se mit en état de la défendre et demanda à rentrerdans le sein de la Confédération.
Toute la Suisse s’était mise en mouvement. Partoutse manifestait une réaction. Chez les Grisons, le baronHenri de Salis-Zizers pénétra, à la tête de quelquescents hommes armés, dans la salle du Grand Conseilet le contraignit, non-seulement à se replonger dansl’ancienne anarchie, mais encore à rompre le lien quil’unissait aux Confédérés. Les uns après les autres, lesgouvernements succombaient, cédant la place à denouveaux pouvoirs. La diète elle-même, convoquéeextraordinairement, déclara, le 29 décembre, la sup-pression de l’Acte de médiation. *