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II Des commencements de la réforme a notre temps.
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ÉLABORATION D’UN NOUVEAU PACTE 327

naguère bernoise, il s’adressa à ses « vrais Confédé-rés, » aux treize cantons de la vieille Suisse et lesinvita à se réunir sur la base des anciennes alliances.Lucerne, Fribourg, Soleure, les trois cantons primi-tifs et Zoug le suivirent dans ce mouvement. Uri, deson côté, crut pouvoir se remettre en possession dela Léventine, et Schwitz rentrer dans ses droits surles districts qui avaient été sous sa dépendance. DeuxSuisse se trouvèrent donc en présence, l’une, s’ap-puyant sur la légalité récente, et défendue avec fermetépar les cantons demeurés réunis à Zurich, l’autre, sefaisant forte de la vieille légalité. Mais les monarquesalliés ayant déclaré ne vouloir reconnaître aucunediète que celle des dix-neuf cantons, cela suffit pourque la ligue des treize se brisât, et pour que les can-tons séparatistes vinssent successivement, Berne ledernier, prendre place dans la diète de Zurich.

Réunis, les députés s’occupèrent de l’élaborationd’un nouveau Pacte. On a nommé la Longue diètecelle qui, du 6 avril 1814 au 13 août 1815, chercha lestermes d’un accord. Dans cette assemblée, commedans les cantons, tout devenait aliment à l’irritationdes esprits. Sur plus d’un point, la guerre civile futprès d’éclater. L’Autriche avait pris possession de laLombardie et des provinces naguère sujettes des Gri-sons; les alliés étaient entrés à Paris; Louis XVIIIétait monté sur le trône de France ; la paix de Parisavait reconnu l’indépendance de la Suisse et garantil’organisation politique qu’elle se donnerait (30 mai,article 6); les cantons s’étaient l’un après l’autrereconstitués, sur des bases plus ou moins aristocrati-