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II Des commencements de la réforme a notre temps.
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LA SUISSE, TERRE DE REFUGE

petite armée franchit, le 2 février 1834, la frontière,arborant le drapeau de la Jeune Italie. Mais celle qui,partie de Nyon, avait passé le lac, ayant été arrêtéesur territoire genevois, ne put la rejoindre, et deuxcolonnes, attendues de France, venaient d’y être dé-sarmées. Réduit à sa troupe, et se voyant accueillipar les populations savoisiennes avec étonnement etdéfiance, Ramorino s’effraya. Ses gens ne tardèrentpas à rentrer en grand désordre à Genève, d’où lesPolonais furent renvoyés dans le canton de Berne.

Déjà la Suisse passait, dans les cours, pour être unfoyer de révolution. Après l’expédition de Savoie, lesnotes diplomatiques plurent sur elle de toutes parts.Elles lui demandaient l’expulsion des Polonais, desItaliens et des Allemands qui avaient « pris part àl’attentat, » et la menaçaient d’un blocus en armes. LesConfédérés, tout en réclamant le droit d’agir dans leurindépendance, se montrèrent prêts à faire ce qu’exi-geait le droit des gens. Ils renvoyèrent un certainnombre de réfugiés. La France ayant accordé aux Polo-nais de pouvoir traverser son territoire, pour aller cher-cher un nouvel asile loin du continent européen, oncrut les menaces abandonnées et la plainte endormie.

Une scène d’auberge la réveilla. Des ouvriers alle-mands, réunis au Steinhœlzli, près de Berne, avaient,avec mépris, jeté l’un après l’autre loin d’eux desdrapeaux aux couleurs des souverains de l’Allemagne,pour élever à leur place celui de la république alle-mande. (27 juillet 1834.) Sur ce fait, le ministre d’Au-triche somma tous les compagnons ouvriers autri-chiens en séjour dans le canton de Berne, d’évacuer