Band 
II Des commencements de la réforme a notre temps.
JPEG-Download
 

380

LE SONDERBOUND

nouveau gouvernement fut composé des chefs du partivainqueur. Ce fait avait d’autant plus d’importanceque Berne allait, quand commencerait l’an 1847, de-venir Yorort.

Ainsi le pouvoir avait à Berne, comme à Zurich et àLausanne, passé aux mains du parti de l’action. Néan-moins il y avait encore à conquérir deux voix pourarriver à la majorité légale. Genève apporta, le pre-mier, la sienne. Sur le refus de son Grand Conseild’entrer dans la voie radicale, une insurrection avaitéclaté dans le quartier de Saint-Gervais. Des deuxparts on avait couru aux armes. (7 octobre 1846.) LeRhône séparait les combattants. Les insurgés ayant,sur la rive droite, dépavé les rues et construit des bar-ricades, le canon fut dirigé contre ces remparts. Lescarabines lui répondirent. Déjà beaucoup de sangavait coulé, quand des citoyens, pressés de mettre finà la lutte engagée, réussirent à faire agréer par lesdeux partis les termes d’un accord. Ce fut la fin de lavieille Genève. Le Conseil d’état donna sa démission,le Grand Conseil reçut la sienne. James Fazy se saisitdu pouvoir. Il avait devant lui trois partis, les conser-vateurs, les catholiques et les radicaux; habile auxjeux de la politique, il fit reposer la sienne sur le rap-prochement des radicaux et des catholiques; dansGenève, il s’assura l’appui des ultramontains par desconcessions toujours nouvelles; à Berne, il donna lamain aux hommes qui voulaient l’expulsion des jésuitesde la Confédération.

Il restait une voix à obtenir. On espérait celle deBâle-villej qui venait de réviser sa constitution ; mais