CHAPITRE PREMIER.
dos Ker, dont il prit les châteaux, saisit les chefs etréprima la désobéissance. Il inspira partout une ter-reur profonde de son autorité et de sa rigueur, châ-tia les meurtres auxquels se livraient sans cesse despopulations violentes et sauvages, poursuivit les in-cendies des maisons et les vols des bestiaux quiétaient dans les mœurs mêmes du pays, améliorales institutions judiciaires, favorisa la culture desesprits, développa certaines industries, orna l’Écossede nombreuses constructions, et rendit la paix inté-rieure si sûre qu’on disait de toutes parts : « que lesbuissons gardaient les vaches. »
Tous ces changements furent éphémères. Accom-plis à la surface de la société écossaise, ils n’eurentpas le temps de pénétrer au fond. Henri VIII con-tribua surtout à l’empêcher. Ce prince ardent et im-périeux voulut entraîner le roi son neveu dans tousses desseins, soit politiques soit religieux. Lorsqu’ilse fut séparé de l’Eglise de Rome, il pressa Jac-ques V d’opérer dans son royaume le changementde croyance qu’il venait d’accomplir lui-même dansle sien. Il comprit que l’Ecosse ne pouvait pas res-ter catholique, au moment où l’Angleterre devenaitprotestante, sans qu’elle fût rejetée plus fortementdans les alliances continentales dont son père et luiavaient tenu à la détacher et sans que de nouvellescauses d’inimitié ne renouvelassent les anciennes enles aggravant. Il ht donc à son neveu des offres ca-