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Tome Premier.
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MARIE STUART.

versée de cinq jours. Un grand brouillard s’étantélevé la veille de son arrivée avait empêché d’aper-cevoir la petite flotte qui la ramenait dans sonroyaume, et qui avait jeté l’ancre à quelque dis-tance delà côte. Ce brouillard étant tombé le 19 aoûtau matin, Marie Stuart entra dans le port de Leithsans y être attendue 1 . Dès qu’on sut qu’elle étaitdébarquée, on accourut de toutes parts à sa ren-contré, et la noblesse vint la prendre pour la con-duire à Edimbourg clans le palais de ses pères. Cetempressement cordial la toucha sans la réjouir. Ellene put s’empêcher de comparer avec tristesse lapauvreté du pays sauvage où elle revenait, aprèstreize ans d’absence, aux splendeurs de la cour oùs’étaient écoulés les jours heureux de son enfance etde sa jeunesse. On avait préparé un cheval pourelle, et l’on n’avait pour les dames et les seigneursde sa suite que de petites haquenées de montagnes,« telles quelles, dit Brantôme, et harnachées demesnie. » En les voyant, « la reyne, ajoute-t-il, semist à pleurer, et dire que ce n’estoit pas les pompes,les apprêts, les magnificences, ni les superbes mon-tures de France 2 . » Elle se rendit en cet humble

1 Brantôme, t. V, p. 94, 95. — Ce brouillard fut regardépar les protestants zélés comme un mauvais signe. Knox ditque la face du ciel et la corruption de l’air montraient « whatcomfort was brouglit unto tliis cuntrey with ber, to wit,sorow, dolour, darkness, and ail impietie. » Ilistory of therefonnation, t. II, p. 268, 269. — 2 Brantôme, t. V, p. 95.