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Tome Premier.
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Cil A PITRE m.

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sa présence, s’habilla tantôt à l’anglaise, tantôt àl’italienne, tantôt à la française, changeant de cos-tume plusieurs fois par jour pour attirer ses regardset obtenir son approbation, et alla jusqu’à lui de-mander, en montrant ses magnifiques cheveux d’unblond un peu ardent et naturellement bouclés, quid’elle ou de la reine d’Écosse avait une plus bellecouleur de cheveux. Melvil répondit, en courtisanqui ne se laisse pas prendre en défaut, qu’il n’yavait rien en Angleterre de comparable à elle, nirien en Écosse de si beau que Marie Stuart. MaisElisabeth ne se contenta point de cette flatterie équi-voque, et se fit dire par Melvil que son teint étaitplus blanc, qu’elle jouait mieux du clavecin et qu’elledansait avec plus de noblesse 1 .

Ravie de ces petites supériorités, elle manifestaun grand désir de voir Marie Stuart, affecta uneextrême tendresse pour elle et baisa avec effusionson portrait, qu elle tira devant Melvil d’un cabinetoù elle en gardait beaucoup d’autres 2 . Ces démon-strations extérieures n’étaient jamais de sa part qu’unmoyen de déguiser ou d’outrer ses sentiments, etde servir ses desseins politiques. La reine artificieusen’oublia pas ceux qui l’occupaient alors en Ecosse.Elle demanda à Melvil si sa souveraine l’avait chargéde répondre aux propositions qu elle avait reçues

1 Mémoires de Melvil, t. I, p. 148 à 153.

2 Ibid., p. 146.