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Tome Premier.
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CHAPITRE IV.

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Cecil, à gagner les conseillers les plus accréditésd’Élisabeth 1 , et à surmonter les répugnances decette princesse, dont la vanité s’accommodait d’unerecherche que repoussait son bon sens. Cette négo-ciation ne pouvait pas se prolonger sans être connuedes cours intéressées à y mettre obstacle. Le mariagedu roi de France et de la reine d’Angleterre conve-nait aussi peu à l’Espagne qu’aurait peu convenu àla France le mariage naguère projeté entre le princeroyal d’Espagne et la reine d’Ëcosse. Aussi l’ambas-sadeur de Philippe II, Gusman de Silva, en parladirectement à Élisabeth dans un entretien où sepeint bien cette princesse vaine, moqueuse et adroite.

« On prétend, lui dit Silva, que Votre Majesté semarie avec le roi de France. » Élisabeth baissa unpeu la tête et se mit à rire. Puis elle ajouta : « Jeveux me confesser à vous, puisque nous sommesen carême et que vous êtes mon ami. Il a été traitéde mon mariage avec le roi catholique mon frère,avec le roi de France, avec les rois de Suède et deDanemark. — Et avec l’archiduc aussi, dit Silva enl’interrompant. — C’est vrai, répondit Élisabeth,votre prince royal est le seul dont il ne m’ait pas étéparlé. — La raison m’en paraît claire, repartit Silva ;le roi, mon seigneur, doit regarder comme certainque vous ne voulez pas vous marier, puisque s’é-tant proposé, lui qui est le plus grand prince de la5 Voir l’appendix D.