r
266 MARIE STUART.
ne connaissait ni limites ni scrupules. Sans déguise-ment dans ses projets comme dans ses vices 1 , ilaspira d’abord à se faire aimer de la reine, ensuiteà l’épouser. Bien qu’il fût laid 2 , son aspect martial,son goût des plaisirs, la résolution liardie de soncaractère , un air de dévouement chevaleresque, lesmœurs élégantes et aisées du continent sous les-quelles il cachait les passions sauvages et emportéesde son pays, séduisirent l’imagination de la reine etdonnèrent à Bothwcll un grand empire sur elle.Marie Stuart chercha d’abord dans Bothwell un ser-viteur fidèle et utile, et trouva bientôt en lui unamant et un maître.
Les progrès de sa faveur 3 , vers la fin de l’été de1566, éclatèrent aux yeux de tout le inonde. Il dis-posait de tout à la cour d’Écosse, où il dirigeait en-tièrement les volontés de sa souveraine. Le pouvoirqu’il exerçait, et la réconciliation qui s’était opérée
1 « I assure you Bothwell is as naughty a man as liveth,and rauch given to the détestable vices. » Randolph à Cecil,6 avril 1566, dans Chalmers, t. II, p. 26.
2 Brantôme, t. V, p. 98.
* « Bothwell is still iu favor and as a great and in themanagement of affairs. » Bedford à Cecil, 9 août 1566.—« Now the Earl of Bothwell’s favor increased wich mecon-tented many. » Mémoires de Melvil , publiés par le Banna-tyne Club, p. 154. — « The Earl Bothwell, whora the queenpreferred above ail others, after the decease of David Rizio. »Knox, t. Il , p. 528.
!i