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MARIE STUART.
ter, Murray, s’était éloigné sans attendre le mariagede sa sœur, qu’il prévoyait et qu’il ne pouvait em-pêcher.
Ce mariage avait été convenu, chose incroyable,par un contrat signé de la main même de MarieStuart le 5 avril, sept jours avant la sentence d’ac-quittement de Bothwell 1 . Il fut préparé avec unemystérieuse précipitation. Bothwell ne pouvait pasouvertement y prétendre ni la reine y consentirvolontairement, après la mort si récente de Darnley,que l’un avait tué deux mois et demi auparavant,et dont l’autre devait longtemps encore porter ledeuil. Que firent-ils? ils imaginèrent un enlève-ment, qui placerait en quelque sorte Marie Stuartsous la contrainte de la nécessité et expliquerait larésignation de la reine par la violence faite à lafemme. Ici encore, elle fut malheureusement com-plice de Bothwell, comme les preuves n’en sont quetrop manifestes. Elle convint avec lui qu’il se trou-verait sur sa route, avec une troupe armée plusconsidérable que sa propre suite, au moment oùelle reviendrait de voir son jeune fils au château deStirling, et qu’il se rendrait maître de sa personneet de ses volontés. Bothwell partit pour faire lesapprêts de l’enlèvement. Durant son absence, MarieStuart lui adressa des lettres qui témoignaient de ses
1 Le contrat fut trouvé dans la cassette d’argent avec leslettres secrètes de Marie Stuart à Bothwell et ses sonnets.