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MARIE STUART.
encore les plus hautes dignités 1 . En effet, ce jourmême, elle le créa duc d’Orkney et de Shetland,et plaça elle-même la couronne ducale sur sa tête 2 .Le surlendemain, elle signa son contrat de mariageavec ce noble et puissant prince> afin de sortir, disait-elle, de son solitaire veuvage et d’ augmenter sa des-cendance. Enfin le 15 mai, à quatre heures du ma-tin, le mariage fut célébré selon le rite catholique,et aussi selon le rite protestant par l’évêque d’Ork-ney en présence de Craig dans le palais d’Holyrood 3 .
Peu de barons écossais 4 assistèrent à la révoltantecérémonie qui, trois mois après l’assassinat du roi,fit de sa veuve la femme de son meurtrier. Le peupleen apprit la nouvelle dans un morne silence et avecune sombre désapprobation. Le lendemain au ma-tin , on trouva placardé sur la porte du palais levers suivant :
Meuse malum majo nubere vulgus ait 6 .
« Le peuple dit que les mariages du mois de mai tournentmal. »
Ce pronostic menaçant qu’on tirait d’une uniongénéralement condamnée par la conscience publiquene tarda point à se réaliser.
1 Anderson, vol. I, p. 87 à 89. —Tytler, t. VII, p. 118.
2 Drury à Cecil, 16 mai. — Tytler, t. VII, p. 118.
* Ibid.
* Tytler, t. VII, p. 118, 119.
6 Ovide, Fast., lib. v. —Keith, p. 386.