CHAPITRE VI.
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déçue s’ajoutaient chez elle les sévères ardeurs d’unepiété intolérante. Elle était zélée presbytérienne. Safille avait épousé lord Lindsay et son fils Williamétait le plus proche héritier du comte de Morton.Son caractère, ses croyances, sa parenté, ses ran-cunes faisaient d’elle une gardienne inexorable de lareine captive.
La détention d’une reine par ses sujets était unévénement extraordinaire, même dans ce siècle deguerres civiles et de révolutions religieuses. Le sou-lèvement contre l’autorité était rarement allé jusqu’àemprisonner celui qui en était regardé comme lesacré dépositaire. Malgré son énormité, cet acte au-dacieux ne rencontra en Écosse ni forte désappro-bation , ni résistance sérieuse. La conduite inhabile,passionnée, condamnable de Marie Stuart ne luiavait pas laissé de soutien dévoué. La mort de Darn-ley, le mariage avec Bothwell l’avaient perdue deréputation; l’attachement insurmontable quelle con-servait pour ce meurtrier et ce proscrit empêchaittoute réconciliation avec elle de la part des lords con-fédérés. Opprimée par ses adversaires victorieux, ellene fut réellement pas défendue par ses partisans in-timidés. Ceux-ci s’assemblèrent bien à Dumbartoncomme pour travailler à sa délivrance 1 ; mais, loind’agir en sa faveur, ils se montrèrent prêts à la trahir
* Tytler, t. VII, p. 143.