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MARIE STUART.
s’expatrier. L’aîné, le comte d’Arran, tombé en dé-mence depuis longtemps, fut saisi dans le châteaude Draffenavec sa mère et retenu captif. Le second,lord Arbroath, se réfugia en Flandre, et le troi-sième , lord Claude, alla chercher un asile auprèsd’Elisabeth l . Après avoir renversé cette redoutablemaison , qui fut proscrite comme coupable dumeurtre des deux régents Murray et Lennox, etdont les biens et les titres furent donnés à d’autres,Morton semblait solidement établi par la docile sou-mission du roi, par l’appui déclaré de l’Angleterreet l’obéissance craintive de l’Ecosse.
Néanmoins une révolution, cette fois plus déci-sive, se préparait contre lui. Elle fut l’oeuvre dedeux jeunes Ecossais qui, arrivés depuis peu ducontinent, s’insinuèrent dans la confiance de Jac-ques VI et devinrent ses favoris. Esmé Stuart, connusous le nom de M. d’Aubigny, d’un extérieur etd’un esprit agréables, de mœurs élégantes et douces,quitta la cour de France, où il avait été élevé, etparut le 8 septembre 1579 à la cour d’Ecosse 2 , avecune mission secrète du duc de Guise. Il était catho-lique, et devait remplacer le comte d’Athol à la têtedu parti resté fidèle à la vieille religion du pays etdévoué à la race de ses rois. Jacques VI, dont il
1 Camden, t. IT, p. 332. — Tytler, t. VIII, p. 50 à 53.
2 Tytler, t. VIII, p. 57, surtout d’après les lettres ms. desambassadeurs anglais, sir R. Bowes et Nicolas Arrington.