Band 
Tome Second.
JPEG-Download
 

228

MARTE STUART.

dans l’esprit d’un roi encore enfant, sur la vivacitéde ses goûts et l’entraînement de ses affections. Len-nox se maintint dans tout son crédit. Il rassura avecadresse les ministres presbytériens en professant leprotestantisme, et il fit honneur de sa conversion àson jeune maître, qui, élevé par Buchanan à l’écoleraisonneuse de l’examen, était déjà un controver-siste exercé. Il flatta ainsi la vanité théologique dece prince, qui, enchanté de son favori, lui confia lagarde du château de Dumbarton. Cette forteresseétait nécessaire à Lennox pour accomplir avec plusde facilité sa mission ; mais il avait besoin avanttout d’abattre Morton.

Il en prit la résolution, et fut secondé dans cetteentreprise par un autre Écossais plus hardi et plushabile que lui, par James Stewart, second fils dulaird d’Ochiltree, qui, après avoir servi comme offi-cier de fortune dans les guerres du continent, étaitrevenu en Écosse, où il était capitaine de la garderoyale. Très-agréable à son maître, attaché à Len-nox , d’accord avec la confédération puissante de lanoblesse opposée à Morton, le capitaine James Ste-wart accusa l’ancien régent de complicité dans lemeurtre de Darnley, et le fit arrêter, au milieu mêmedu conseil et en présence du roi. Cet acte d’uneextrême audace eut un plein succès. Il annonça laruine imminente du parti anglais en Écosse. Élisa-beth en fut émue au dernier point. Elle n’oublia