CHAPITRE X.
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Morgan, qu’il informait de ses menées et de sesprogrès par l’entremise de l’ambassade française oùMorgan lui répondait à l’adresse de Nicolas Corné-lius l . Après la translation de Marie Stuart à Chart-ley, tout près de la maison du père de Gifford,celui-ci demanda à Cbâteauneuf une lettre pour lareine d’Ecosse. Cbâteauneuf, toujours en défiance,lui en remit une fort insignifiante, qu’il chiffracomme si elle était d’un haut intérêt. A sa grande sur-prise, le 1 er mars 1586, Gilbert Gifford lui rapportadu comté de Stafford la réponse de Marie Stuart,avec un chiffre tout nouveau dont elle l’invitait àse servir pour leur correspondance secrète, un pa-quet qu’elle le chargeait de transmettre à l’arche-vêque de Glasgow, et la prière d’avoir toute con-fiance en Gilbert Gifford, qui distribuerait, àl’avenir, ses lettres et ses ordres à ses partisans enAngleterre et à ses serviteurs sur le continent 2 .
Marie Stuart s’engageait ainsi dans la voie funestequ’on lui ouvrait avec tant de perfidie. Elle avaitété bien plus circonspecte quelques semaines aupa-ravant, en répondant, le 17 janvier, à une lettre deThomas Morgan qu’Amyas Paulet avait laissée arriverjusqu’à elle : — « Gardez-vous bien, je vous prie,lui disait-elle, de vous mêler de choses qui tombe-raient à votre charge, et qui accroîtraient les soup-
1 Labanoff, t. VI, p. 282. — 2 Ibid., p. 283.