CHAPITRE XI.
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lui lire tous les soirs, un grand coupable à qui Dieueût pardonné. Elle s’arrêta à la touchante histoire dubon larron, qui lui sembla le plus rassurant exem-ple de la confiance humaine et de la clémence di-vine, et dont Jeanne Kennedy lui fit lecture. « C’étaitun grand pécheur, dit-elle, mais pas si grand quemoi; je supplie Notre-Seigneur, en mémoire de sapassion, d’avoir souvenance et mercy de moi commeil l’eut de luy, à l’heure de sa mort 1 . »
Se sentant un peu fatiguée et voulant conserverou reprendre ses forces pour le dernier moment,elle se mit au lit. Ses femmes continuaient à prier,
, et, pendant ce dernier repos de son corps, bien queses yeux fussent fermés, on voyait, au léger mouve-ment de ses lèvres 2 et à une sorte de ravissementrépandu sur son visage, qu elle s’adressait à celui enqui seul reposaient maintenant ses espérances. Aupoint du jour elle se leva et dit qu elle n’avait plusque deux heures à vivre 3 . Elle choisit un de sesmouchoirs à frange d’or 4 pour servir à lui banderles yeux sur l’échafaud, et s’habilla avec une sévèremagnificence. Ayant assemblé ses serviteurs, elleleur fit lire par Bourgoin son testament qu elle si-gna , leur remit ses lettres, ses papiers, les présentsqu’ils avaient à porter de sa part aux princes de safamille, à ses amis du continent 5 . Elle leur avait
* La Mort de la royne dEscos.se , dans Jebb, p. 632.
2 ibid. — * Ibid. — 4 Ibid., p. 631. — 6 Ibid., p. 631, 632.