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LES FRÈRES ENNEMIS.
Ou, s’il faut que mes vœux vous trouvent inflexible,
Si la paix à ce prix vous paraît impossible,
Et si le diadème a pour vous tant d’attraits,
Au moins consolez-moi de quelque heure de paixAccordez cette grâce aux larmes d’une mère.
Et cependant, mon fils, j’irai voir votre frèreLa pitié dans son âme aura peut-être lieu ;
Ou du moins pour jamais j’irai lui dire adieu.
Dès ce même moment permettez que je sorte :
J’irai jusqu’à sa tente, et j’irai sans escorte;
Par mes justes soupirs j’espère l’émouvoir.
ÉTÉOCLE.
Madame, sans sortir vous le pouvez revoir ;
Et si cette entrevue a pour vous tant de charmes,
Il ne tiendra qu’à lui de suspendre nos armes.
Vous pouvez dès cette heure accomplir vos souhaits,
Et le faire venir jusque dans ce palais.
J’irai plus loin encore; et, pour faire connaîtreQu’il a tort en effet de me nommer un traître,
Et que je ne suis pas un tyran odieux,
Que l’on fasse parler et le peuple et les dieux.
Si le peuple y consent, je lui cède ma place ;
Mais qu’il se rende enfin, si le peuple le chasse.
Je ne force personne; et j’engage ma foiDe laisser aux Thébains à se choisir un roi.
SCÈNE IV.
JOCASTE, ÉTÉOCLE, ANTIGONE, CRÉON, OLYMPE
CRÉON.
Seigneur, votre sortie a mis tout en alarmes ;
Thèbes, qui croit vous perdre, est déjà tout en larmes,L’épouvante et l’horreur régnent de toutes parts,
Et le peuple effrayé tremble sur ses remparts.
ÉTÉOCLE.
(jette vaine frayeur sera bientôt calméeMadame, je m’en vais retrouver mon armée;
Cependant vous pouvez accomplir vos souhaits,
Faire entrer Polynice, et lui parler de paix.
Créon, la reine ici commande en mon absence;
Disposez tout le monde à son obéissance ;