ACTE IV, SCÈNE III. 9i
Porus d’aucun regard ne fut favorisé;
Entre Taxile et lui votre cœur en balance,
Tant qu’ont duré ses jours, a gardé le silence ;
Et lorsqu’il ne peut plus vous entendre aujourd’hui,
Vous commencez, madame, à prononcer pour lui.
Pensez-vous que, sensible à cette ardeur nouvelle,
Sa cendre exige encor que vous brûliez pour elle?
Ne vous accablez point d’inutiles douleurs ;
Des soins plus importants vous appellent ailleurs.
Vos larmes ont assez honoré sa mémoire :
Régnez, et de ce rang soutenez mieux la gloire;
Et, redonnant le calme à vos sens désolés,
Rassurez vos États par sa chute ébranlés.
Parmi tant de grands rois choisissez-leur un maître.
Plus ardent que jamais, Taxile...
AXIANE.
Quoi! le traître!..
ALEXANDRE.
Hé ! de grâce, prenez des sentiments plus doux ;
Aucune trahison ne le souille envers vous.
Maître de ses États, il a pu se résoudreA se mettre avec eux à couvert de la foudre :
Ni serment ni devoir ne l’avaient engagéA courir dans l’abîme où Porus s’est plongé.
Enfin, souvenez-vous qu’Alexandre lui-mêmeS’intéresse au bonheur d’un prince qui vous aime :
Songez que, réunis par un si juste choix,
L’Inde et l’Hydaspe entiers couleront sous vos lois;
Que pour vos intérêts tout me sera facileQuand je les verrai joints avec ceux de Taxile.
11 vient. Je ne veux point contraindre ses soupirs;
Je le laisse lui-même expliquer ses désirs :
Ma présence à vos yeux n’est déjà que trop rude.
L’entretien des amants cherche la solitude :
Je ne vous trouble point.
SCENE III.
AXIANE, TAXILE.
AXIANE.
Approche, puissant roi,
Grand monarque de l’Inde ; on parle ici de loi :