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PRÉFACE D’ANDROMAQUE.
Combien Euripide a-t-il été plus hardi dans sa tragédie d’Hélène ! ily choque ouvertement la créance commune de toute la Grèce. 11 sup-pose qu’Hélène n’a j’amais mis le pied dans Troie, et qu’après l’embra-sement de cette ville Ménélas trouve sa femme en Égypte, d’où elle n’é-tait point partie : tout cela fondé sur une opinion qui n’était reçue queparmi les Égyptiens, comme on le peut voir dans Hérodote.
Je ne crois pas que j’eusse besoin de cet exemple d’Euripide pour jus-tifier le peu de liberté que j’ai pris : car il y a bien de la différence entredétruire le principal fondement d’une fable, et en altérer quelques inci-dents , qui changent presque de face dans toutes les mains qui les trai-tent. Ainsi Achille, scion la plupart des poètes, ne peut être blessé qu’autalon, quoiqu’Homère le fasse blesser au bras, et ne le croie invulné-rable en aucune partie de son corps. Ainsi Sophocle fait mourir Jocasteaussitôt après la reconnaissance d’OEdipe ; tout au contraire d’Euripide,qui la fait vivre jusqu’au combat et à la mort de ses deux (ils. Et c’està propos de quelque contrariété de cette nature, qu’un ancien commen.tateur de Sophocle remarque fort bien ( 1 ) « qu’il ne faut point s’amu.« ser à chicaner les poètes pour quelques changements qu’ils ont pu« faire dans la fable; mais qu’il faut s’attacher à considérer l’excellent« usage qu’ils ont fait de ces changements, et la manière ingénieuse dontu Us ont su accommoder la fable A leur sujet. »
(I) Soplioclis Electra.
HACCNE
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