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ACTE III, SCÈNE VE
ANDROMAQUE.
Vous qui braviez pour moi tant de périls divers !
PVRRIIUS.
J’étais aveugle alors; mes yeux se sont ouverts.
Sa grâce à vos désirs pouvait être accordée ;
Mais vous ne l’avez pas seulement demandée.
C’en est fait.
ANDROMAQUE.
Ah seigneur ! vous entendiez assezDes soupirs qui craignaient de se voir repoussés.Pardonnez à l’éclat d’une illustre fortuneCe reste de fierté qui craint d’être importune.
Vous ne l’ignorez pas ; Andromaque, sans vous,N’aurait jamais d’un maître embrassé les genoux.
PYRRHUS.
Non, vous me haïssez ; et dans le fond de l’âmeVous craignez de devoir quelque chose à ma flamme.Ce fils même, ce fils, l’objet de tant de soins,
Si je l’avais sauvé, vous l’en aimeriez moins.
La haine, le mépris, contre moi tout s’assemble ;Vous me haïssez plus que tous les Grecs ensemble.Jouissez à loisir d’un si noble courroux.
Allons, Phœnix.
ANDROMAQUE.
Allons rejoindre mon époux.
CÉPH1SE.
Madame...
ANDROMAQUE, à Cépliise.
Et que veux-tu que je lui dise encore?Auteur de tous mes maux, crois-tu qu’il les ignore?
( à Pyrrhus. )
Seigneur, voyez l’état où vous me réduisez :
J’ai vu mon père mort et nos murs embrasés ;
J’ai vu trancher les jours de ma famille entière,
Et mon époux sanglant traîné sur la poussière,
Son fils, seul avec moi, réservé pour les fers :
Mais que ne peut un fils ! je respire, je sers.
J’ai fait plus ; je me suis quelquefois consoléeQu’ici plutôt qu’ailleurs le sort m’eût exilée ;Qu’heureux dans son malheur le fils de tant de rois,Puisqu’il devait servir, fût tombé sous vos lois ;
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