Buch 
Théatre complet / de J. Racine : précédé d'une notice par M. Auger
Entstehung
JPEG-Download
 

182

LES PLAIDEURS.

SCÈNE III.

CHICANEAU, ISABELLE, L’INTLMÉ.

, CHICANEAU.

Oui, je suis donc un sot, un voleur, à son compte IUn sergent s’est chargé de la remercier;

Et je lui vais servir un plat de mon métier.

Je serais bien fâché que ce fût à refaire,

Ni qu’elle m’envoyât assigner la première.

Mais un homme ici parle à ma fille 1 Comment !

Elle lit un billet! Ah ! c’est de quelque amant.Approchons.

ISABELLE.

Tout de bon, ton maître est-il sincère?

Le croirai-je?

l’intimé.

Il ne dort non plus que votre père.

Il se tourmente : il vous... (apercevant Chicaneau.)

fera voir aujourd’huiQue l’on ne gagne rien à plaider contre lui.

ISABELLE, apercevant Chicaneau.

C’e6t mon père!

(à l’intimé.) Vraiment, vous leur pouvez apprendreQue si l’on nous poursuit, nous saurons nous défendre.

(déchirant le billet. )

Tenez, voilà le cas qu’on fait de votre exploit.

CHICANEAU.

Comment! c’est un exploit que ma fille lisoit !

Ah ! tu seras un jour l’honneur de ta famille :

Tu défendras ton bien. Viens, mon sang ; viens, ma fille.Va, je t’achèterai le Praticien françois.

Mais, diantre ! il ne faut pas déchirer les exploits.

ISABELLE, à l'intimé.

Au moins, dites-leur bien que je ne les crains guère ;

Us me feront plaisir : je les mets à pis faire.

CHICANEAU.

Eh ! ne te fâche point.

ISABELLE , à l’intimé.Adieu, monsieur.