Buch 
Théatre complet / de J. Racine : précédé d'une notice par M. Auger
Entstehung
JPEG-Download
 

218

BRITANNICUS.

Su réponse est dictée, et même son silence.

Je vois deux surveillants, ses maîtres et les miens,Présider l’un ou l’autre à tous nos entretiens.

Mais je le poursuivrai d’autant plus qu’il m’évite :

De son désordre, Albine, il faut que je profite.

J’entends du bruit; on ouvre. Allons subitementLui demander raison de cet enlèvement :

Surprenons, s’il se peut, les secrets de son âme.

Mais quoi ! déjà Burrhus sort de chez lui !

SCÈNE IL

AGRIPPINE, BURRHUS, ALBINE.

BURRHUS.

Madame,

Au nom de l’empereur j’allais vous informerD’un ordre qui d’abord a pu vous alarmer,

Mais qui n’est que l’effet d’une sage conduiteDont César a voulu que vous soyez instruite.

AGRIPPINE.

Puisqu’il le veut, entrons; il m’en instruira mieux.

BURRHUS.

César pour quelque temps s’est soustrait à nos yeux.Déjà par une porte au public moins connueL’un et l’autre consul vous avaient prévenue,

Madame. Mais souffrez que je retourne exprès...

AGRIPPINE.

Non, je ne trouble point ses augustes secrets.Cependant voulez-vous qu’avec moins de contrainteL’un et l’autre une fois nous nous parlions sans feinte?

BURRHUS.

Burrhus pour le mensonge eut toujours trop d’horreur.

AGRIPPINE.

Prétendez-vous longtemps me cacher l’empereur ?

Ne le verrai-je plus qu’à titre d’importune?

Ai-je donc élevé si haut votre fortune

Pour mettre une barrière entre mon fils et moi?

Ne l’osez-vous laisser un moment sur sa foi?

Entre Sénèque et vous disputez-vous la gloireA qui m’effacera plus tôt de sa mémoire?