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Théatre complet / de J. Racine : précédé d'une notice par M. Auger
Entstehung
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22 .)

ACTE III, SCÈNE II.

C’est nia mère, et je veux ignorer ses caprices.

Mais je ne prétends plus ignorer ni souffrirLe ministre insolent qui les ose nourrir.

Pallas de ses conseils empoisonne ma mère ;

IJ séduit chaque jour Britanuicus mon frère : ~

Ils l’écoutent tout seul ; et qui suivrait leurs pasLes trouverait peut-être assemblés chez Pallas.

C’en est trop. De tous deux il faut que je l’écarte.Pour la dernière fois', qu’il s’éloigne, qu’il parte ;

Je le veux, je l’ordonne : et que la fin du jourNe le retrouve pas dans Rome ou dans ma cour.Allez : cet ordre importe au salut de l’empire.

(aux gardes.)

Vous, Narcisse, approchez. Et vous, qu’on se retire.

SCÈNE II.

NÉRON, NARCISSE.

NARCISSE.

Grâces aux dieux, seigneur, Junie entre vos mainsVous assure aujourd’hui du reste des Romains.

Vos ennemis, déchus de leur vaine espérance,Sont allés chez Pallas pleurer leur impuissance.Mais que vois-je? vous-même, inquiet, étonné,Plus que Britanuicus paraissez consterné.

Que présage à mes yeux cette tristesse obscure,

Et ces sombres regards errants à l’aventure?

Tout vous rit : la fortune obéit à vos vœux.

NÉRON.

Narcisse, c’en est fait, Néron est amoureux.

NARCISSE.

Vous?

NÉRON.

Depuis un moment, mais pour toute ma vie.J’aime, que dis-je, aimer? j’idolâtre Junie.

NARCISSE.

Vous l’aimez?

NÉRON.

Excité d’un désir curieux,Cette nuit je fai vue arriver en ces lieux,