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Théatre complet / de J. Racine : précédé d'une notice par M. Auger
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ACTE IV, SCÈNE IV.

Vous pressait de souscrire à la mort d’un coupable ;Vous résistiez, seigneur, à leur sévérité;

Votre cœur s’accusait de trop de cruauté ;

Et, plaignant les malheurs attachés à l’empire,

Je voudrais, disiez-vous, ne savoir pas écrire.

Non, ou vous me croirez, ou bien de ce malheurMa mort m’épargnera la vue et la douleur :

On ne me verra point survivre à votre gloire.

Si vous allez commettre une action si noire,

(se jetant anx pieds de Néron. )

Me voilà prêt, seigneur; avant que de partir,

Faites percer ce cœur qui n’y peut consentir :

Appeler les cruels qui vous l’ont inspirée;

Qu’ils viennent essayer leur main mal assurée...

Mais je vois que mes pleurs touchent mon empereur ;Je vois que sa vertu frémit de leur fureur.

Ne perdez point de temps, nommez-moi les perfidesQui vous osent donner ces conseils parricides ;Appelez votre frère, oubliez dans ses bras...

NÉRON.

Ah ! que demandez-vous?

BCRRI1US.

Non, il ne vous hait pas,Seigneur ; on le trahit : je sais son innocence ;

Je vous réponds pour lui de son obéissance.

J’y cours. Je vais presser un entretien si doux.

NÉRON.

Dans mon appartement qu’il m’attende avec vous.

SCÈNE IV. ^

NÉRON, NARCISSE.

NARCISSE..

Seigneur, j’ai tout prévu pour une mort si juste;

Le poison est tout prêt. La fameuse LocusteA redoublé pour moi ses soins officieux :

Elle a fait expirer un esclave à mes yeux ;

Et le fer est moins prompt pour trancher une vie,Que le nouveau poison cpie sa main me confie.

NÉRON.

Narcisse, c’est assez : je reconnais ce soin,

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