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Théatre complet / de J. Racine : précédé d'une notice par M. Auger
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PR FJ-ACE.

t’idéc de Monlmc ; et c’est en partie sur la peinture qu’il en a faite queJ’ai fondé un caractère que je puis dire qui n’a point déplu. Le lecteurtrouvera bon que je rapporte ses paroles telles qu’Amyot les a tradui-tes; car elles ont une grâce dans, le vieux style de ce traducteur, que jene crois point pouvoir égaler dans notre langue moderne.

« Cettc-ci estoit fort renommée entre les Grecs, pour ce que, quelques■< sollicitations que lui sceust faire le roi en estant amoureux, jamais ne« voulut entendre à toutes ses poursuites jusqu’à ce qu’il y eust accord« de mariage passé entre eux, et qu’il lui eust envoyé le diadesrne ou ban-« deau royal, et appellée royne. La pauvre dame, depuis que ce roi« l’eut espousée, avoit vescu en grande desplaisance, ne faisant conti-■< nuellement autre chose que de plorer la malheureuse beauté de son« corps, laquelle, au lieu de lui donner un mari, lui avoit donné un« maistre , et, au lieu de compaignie conjugale, et que doibt avoir une•< dame d’honneur, lui avoit baillé une garde et garnison d’hommes bar-« bares qui la tenoient comme prisonnière loin du doulx pays de la« Grece, en lieu où elle n’avoit qu’un songe et une ombre de biens ; et« au contraire avoit réellement perdu les véritables, dont elle Joulssoit au» pays de sa naissance. Et quand l’eunuque fut arrivé devers elle , et lui« eut faict commandement de par le roi qu’elle eust à mourir, adonc elle« s’arracha d’alentour de la teste son bandeau royal, et se le nouant« alentour du col, s’en pendit. Mais le bandeau ne fut pas assez fort, et■< se rompit incontinent. Et lors elle se prit à dire : O maudit et mal-« heureux tissu , ne me serviras-tu point au moins à ce triste service ?« En disant ces paroles, elle le jeta contre terre, crachant dessus , et« tendit la gorge à l’eunuque. »

Xipharès était fils de Mithridate et d’une de scs femmes qui se nommaitStratonice. Elle livra aux Romains une place de grande importance, oùétaient les trésors de Mithridate, pour mettre son fils Xipharès dans lesbonnes grâces de Pompée. Il y a des historiens qui prétendent que Mi-thridate fit mourir ce jeune prince pour se venger de la perfidie de samère.

Je ne disrien de Pharnace ; car qui ne sait pas que ce fut lui qui soulevacontre Mithridate ce qui lui restait de troupes , et qui força ce prince àse vouloir empoisonner, et à se passer son épée au travers du corps pourne pas tomber entre les mains de ses ennemis? C’est ce même Pharnacequi fut vaincu depuis par Jules César, et qui fut tué ensuite dans uneautre bataille.