à l'Hïftoirt d'Anne et Autriche, 9fur des carreaux à la mode d’E (pagne, aumilieu d’un grand nombre de Dames ha-billées à FEfpagnole d’un fadn verc en bro-derie d’or & d’argent, fes manches pen-dantes & renouées fur les bras avec degros diamants qui lui fervoient de bou-tons. Elle avoit une fraize fermée, avecun petit bonnet fur fa tête, de même cou-leur que la robe, où il y avoit une plu-me de héron, qui augmentoit par fa noir-ceur la beauté de fes cheveux, qui étoiencfort blonds & frifés à groflès boucles. Lejeune Roi étant bien fait, & fa beauté bru-ne ne déplaifant pas à cette jeune Reine,je lui ai oui dire, qu’elle l’avoit trouvéaimable, & qu’elle l’auroit aimé, fi le mal-heur de l’un & de l’autre,fi cette fatalitéprefque inévitable à tous les Princes, n’eneût difpofé autrement. On lui ôta peuaprès toutes les Dames Efpagnoles quiétoient venues avec elle, dont elle eutbeaucoup de douleur, & il ne lui reftaqu’une nommée Dona Eftefania, qu’elleaimoit tendrement, à caufe qu’elle l’avoitélevée, & qui étoit auprès d’elle, commeon dit en F r ance, fa première Femme-de-Chambre. Feu ma mere, qui avoit étéplufieurs années en Efpngne, où la fécon-dé femme du Sieur de Saldagne, fon aïeulematernelle, dont il n’avoit poinc d’enfants,
A v