à rHifîoire d'Anne dAutriche. 21
Toutesles chofes qui regardoient Bokin-gham lui furent dites au défavamage de laReine, fi bien que quelquesDomeftiquesen furent chaffés ; Putange, fon Ecuyer, futexilé ; Datai, que Madame de Vernel, Damed’atour de la Reine & belle-fœur de Mada»me de Chevreufe, avoit envoyé en Angle-terre; la Porte & le Médecin de la Reine,furent traités de la même maniéré.
Le Pere Séguirent, Confeflèur du Roi,venant trouver la Reine un jour de grandmatin, pour lui dire, de la part du Roi,qu’il avoit éloigné de fon fervice certainesperfonnes qui ne lui plaifoient pas, quifont les mêmes dont je viens de parler,Dona Eftefania, Efpagnole, la premièrefemme-de-Chambre de la Reine, qui avoiteu l’honneur de la fervir dès fon enfance,dit, en regardant le Pere Jéfuite : Tea-tino , tan de magnana à vifïtar efia Se-gnora , «0» es buena fegnal, ni por bien.
La Reine d’Angleterre m’a conté de-puis , que, dans le commencement de foumariage, elle eut quelque dégoût du Roifon mari, & que Bokingham les fomen-toit, en lui difant à elle-même librement,qu’il les mettroit mal enlèmble s’il pou-voir. 11 y réuffit en effet; & par un fend-aient de chagrin, elle fouhaita de reveniren France voir la Reine fa mere : & com-