à FHifîoire d'Anne, dAutriche. 413que Je véritable Moniteur étoit encoretrop petit, & ne favoic pas écrire.
Sur la fin des jours gras, (le a Mars1647) le Cardinal Mazarin donna ungrand régal à la Cour, qui fut beau &fortement loué par les adulateurs qui ferencontrent en tous temps. C’étoit une co-médie à machines & en mufique, à la moded’Italie, qui fut belle, & celle que nousavions déjà vue, qui nous parut une chofeextraordinaire & royale. Il avoit fait ve-nir les muficiens de Rome, avec degrands foins, & le machinifte suffi, quiétoit un homme de grande réputationpour ces fortes de fpeétacles. Les habitsen furent magnifiques, & l’appareil toutde même forte. Les mondains s’en diver-tirent : les dévots en murmurèrent; &ceux qui, par un efprit déréglé, blâmenttout ce qui fe fait, ne manquèrent pasà leur ordinaire d’empoifonner ces plai-firs, parce qu’ils ne refpirent pas l’air fanschagrin & fans rage. Cette comédie neput être prête que les derniers jours duCarnaval ; ce qui fut caufe que le Cardi-nal Mazarin & le Duc d’Orléans prefi-forent la Reine pour qu’elle fe jouât dansle Carême : mais elle qui confervoit unevolonté pour tout ce qui regardoit fitconfcience, n’y voulut pas confentir. Elle
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