à rHiJlûire d'Anne d'Autriche. 421& ce changement en fie toute l’occupation.Un foir, peu de jours avant qu’il s’en al-lât, nous le trouvâmes, Mademoifelle deBeaumont & moi, dans le jardin de Re-nard. Comme il s’approchoit de nous ,pour nous faire civilité après avoir quel-que temps parlé de fon voyage, Mademoi-felle de Beaumont lui demanda, s’il par-toit content? Il lui répondit férieufement,que cela dépendoit entièrement de l'état del'ame ; & fans s’expliquer davantage,.ilnous laifla deviner qu’il quittoit Paris avecquelque regret. Etant arrivé à l’armée,comme il n’y trouva pas fes troupes ni foncanon fi prêts qu’il l’avoir cru, il en témoi-gna du chagrin. Mademoifelle de Toufiyavoitplusde beauté que d’efprit; mais encette occafion , elle parut avoir du juge-ment : car elle ne vouloit point alors degalant ; & comme elle avoir deflèin delé bien marier, cette flamme de toutes fa-çons fut fi mal pourrie, qu’elle s’éteignitquafi aufli-tôt qu’elle s’alluma : fi bien quele cœur de ce Prince fut entièrement oc-cupé de fon ambition, jufqu’au temps qu’u-ne autre perfonne*, plus dangereufe queMademoifelle de Toufiy, & plus éclairéeaufii, le vint partager avec cette domi-nante paflion. Il y a même des perfonnes
* Madame de CUâtillon.