140 Mémoires pour fervir à PHift.que la nôtre rencontra vers le fauxbourgde Saint-Martin, tirant vers celui de Saint-Antoine.
D’autre côté, M. le Prince voyant l’ar-mée du Roi groffie des troupes du Ma-réchal de la Ferté, & qu’il ne pouvoitfaire paflèr la fienne par Paris comme ill’avoit efpéré, pour s’aller porter danscette langue de terre qui fait la jonétionde la Marne avec la Seine, fut obligéde la faire marcher à l’entrée de la nuitle premier de Juillet; & pour arriver fû-rement où il vouloic aller, avant que l’ar-mée du Roi le pût joindre, il les fit paf-fer par le Cours & par le dehors de laVille, quiétoit ce même chemin que nousavions pris peu d’heures auparavant, & oùnous penfsmes rencontrer, & paiïèravecles premières troupes de fon avant-garde.C’eft une terrible aventure pour une fem-me poltronne, que de fe voir en tellecompagnie ; mais comme ces gens mar-choient en ordre, & que leurs Offi-ciers étoient à leur tête, ils ne nous au-roient pas fait de mal. Il faut dire aufîïà la louange de tous, que jamais il n’ya eu de guerre, qui fe foit faite avecmoins d’animofité. Nous avons oui &vu des menaces, des infolences & des