i8a Mémoires pour fervir à FHift.timems, & à Tes aftions, qui ont été com-me les premiers traits du portrait, que deplus (avants Peintres que moi auront lagloire d’achever. L’amour que la Reine famere avoir pour lui, occupoit tendrementfon cœur. Il étoic l’objet des defirs duCardinal Mazarin, & tous fes foins dès-lors étoient de chercher les moyens delui plaire. Il commençoir aufli d’attirer àlui les cœurs & les yeux de fes fujets;mais comme les hommes n’aiment & necherchent dans la perfonne des Rois, quece qui peut convenir à leurs intérêts par-ticuliers , & que tous étoient perfuadésque la faveur du Miniftre dureroît autantque fa vie, qu’ils jugeoient devoir êtreencore longue, ils regardoient l’entieredomination du Roi par des vues fi éloi-gnées, que fa véritable puifiànce n’en étoicpas alors, ni plus célébrée, ni plus fuivie.
Depuis la paix & fon glorieux retour àParis, il étoic augmenté en toutes cho-fes : fa belle taille & fa bonne mine fefaifoient admirer, & il portoit dans lesyeux & dans l’air de toute fa perfonnele caractère de la majefté, qui, par facouronne, étoit eflèntieliement en lui. Aulfi-tôt que la tranquillité publique eut rétablifesplaifirs dans la Cour, ce Prince, qui