232 Mémoires pour fervir à i'Iiifi.peur, qu’elle ne le portât h offenfer Dieu.Elle s’y oppofa fortement, & le grondafort un foir qu’il demeura trop long-tempsà caufer avec cette fille. Le Roi reçut avecbonté & refpeét la réprimande de la Rei-ne ; mais il lui dit tout bas qu’il la fupplioitde ne lui pas montrer ce chagrin devanttout le monde, parce qu’elle faifoit voirpar-là au public qu’elle défapprouvoit fesaélions. Le Cardinal, au contraire, difoitau Roi, pour s’infinuer dans fes bonnesgrâces, que la Reine fa mere avoit tropde rigueur, qu’elle étoit fcrupuîeufe, &qu’il faifoit bien de fe divertir & de s’amu-fer. A la fin il fallut qu’il montrât auffi-bienque la Reine, fes fentiments ; car cette paf-fion prenant chaque jour de grandes for-ces , devint en peu de temps extrême. LeRoi un jour parla à Madetnoifelle de laMotte comme un homme amoureux quin’étokplus fage; il lui offrit même, fi ellevouloit l’aimer, qu’il réfifteroit à la Reinefa mere & au Cardinal ; mais elle n’ayantpoint voulu, ou n’ayant ofé entrer dans cespropofitions qu’elle voyoit choquer direc-tement la vertu dont les maximes ne s’ef-facent pas d’un cœur qui a de l’honnêteté,refufa tout ce qui pouvoir être contre fondevoir. La Reine, qui étoit très-chèrement
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