•34 Mémoires pour fervir à l'Iiifi.dans les mêmes occafions, où fa vertu peut-être affoiblie parla perte de l’innocence, ilne reçoive une force intérieure dont la four-ce fe trouvera dans cette première grâce.
Le Roi, après avoir triomphé de lui-même, revint à Paris, en réiolution de neplus parler à cette fille. Il le fit; mais il ar-riva deux jours après qu’étant au bal, Made*moifelle de la Motte alla prendre le Roipour danfer. En ce même moment, n’é-tant pas encore tout-à-fait forcifié, on re-marqua qu’il devint pâle, & enfuite fortrouge ; & la fille conta depuis à fes amies,que la main du Roi lui trembla tout letemps qu’il tint la lienne. Le Cardinal, pourle fecourir, lui dit que Mademoifelle dela Motte avoit abufé de fesfecrets, qu’elleavoir conté tout ce qu’il lui avoit dit à fesamies, & peut-être à quelques-uns de fesamants, &que par-là il luifembloit qu’elleétoit indigne de fes bonnes grâces. II eftvrai que la mere de Mademoifelle de laMotte, pour faire fa cour, avoit fait direau Cardinal ce que le Roi avoit dit à fa fille,croyant par cette foumiffion pouvoir obte-nir du Miniftre, qu’il confentiroit que leRoi demeurât fon amant, & fît là fortune.Mademoifelle de la Motte, à ce qu’ellem’a depuis dit elle-même, n’eut nulle part