d'Anne S Autriche. (1658.) 283trois ans davantage, afin qu’elle pût plai-re au Roi , qui paroifibir, la négliger,parce qu’elle étoit plus jeune que lui,& qu’il paroifloit vouloir une fille plusfaite.
Par l’événement, on a vu que, dans lefond du cœur du Miniftre, il y avoit ungrand deiir de faire époufer au Roi laPrincefle de Savoye , & que d’ailleursn’ayant pas d’averfion à la paix, il avoicen général une allez fincere intention d’al-ler au bien de l’Etat. Il ne doutoit pasque fi on pouvoit avoir l’Infante pourReine, ce ne fût, par fa naiflànce, la plusdigne femme que le Roi pût avoir. Ilconnoiflbit auffi que la Reine ne pouvoitêtre contente fans elle; mais en lui mon-trant, pour la fatisfaire, qu’il fouhaitoitlamême chofe, il efpéroit fans doute queles difficultés en feroient fi grandes, que,fans lui déplaire, il pourroit parvenir à fesfins. Pour faire parler le Roi d’Espagne,il falloir lui montrer publiquement quele Roi fe vouloit marier ailleurs. Ainfi ledeflèin du Cardinal fut de faire le voyagede Lyon , pour tâcher d’embarquer leRoi avec la Princefle Marguerite, mon-trant toujours par-l'a que fon intentionétoit de preflèr le Roi d’Efpagne de fedéclarer. Agifiànt de cette maniéré , ii