S Anne <TAutriche. (1659.) 317celle qui pût l’égaler, & ajouta qu’il ap-préhendoit que l’Infante étant en Fran-ce , à l’exemple de la Reine fa tante,qui avoit haï le Cardinal de Richelieu ,elle ne fît des intrigues contre lui.
Enfin, la Reine voulut voir Don Juand’Autriche , qui paffa à Paris incognito ,afin d’éviter les embarras des rangs. Ellele reçut au Val-de-Grace, & eut fansdoute beaucoup de joie de voir en lui uneperfonne de fon fang. Il y vint vefîidode camino , d’un gros habit gris, & d’unjufte-au-corps de velours noir, avec desboutons d’argent, le tout à la Françoife.La Reine, qui voulut l’entretenir en par-ticulier , y mena feulement Moniteur,& peu de Dames avec elle. J’eus l’hon-neur d’être au nombre de celles qui yfurent fouffertes. Je vis ce Prince, quitout bâtard qu’il étoit, fe faifoit beaucouprefpecter. Il étoit fervi par des perfon-nes de qualité, & les noms de ceux quiétoient k fa fuite étoient des plus illuftresd’Efpagne. 11 nous' parut petit ; maisbien fait dans fa taille. Il avoit le vifageagréable , les cheveux noirs, les yeuxbleus & pleins de feu ; fes mains me pa-rurent belles, & fa phyfionomie fpiritueî-le. Après qu’il eut falué la Reine, elle lemena dans un recoin de fa chambre, un
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