d'Anne dAutriche. (1659.) 319de letre par élection. Enfin, il partit deuxjours après, n’ayant vu de Paris que laFoire de Saint - Germain. La Reine endemeura fort fatisfaite, & on connutpar la joie qu’elle eut de voir ce Prince,combien elle aimoit tout ce qu’elle de-voit aimer. Il étoit carême, & la Reineeut de la peine de ce qu’il mangea tou-jours de la viande, lui & toute fa fuite;elle eût defiré qu’il eût été pins régulier& plus obéiflànt aux commandementsde i’Eglife; mais comme le poiflon eftplus rare à Madrid qu’à Paris , ils fontaccoutumés à n’y point faire de jours mai-gres, & ils ne s’en corrigent pas ail-leurs.
La femaine-fainte enfuivant, une trou-pe de jeunes gens de la Cour allèrent àRoifly, pour lesjoursfaints, dont étoientle Comte de Vivonne, gendre de Mada-me de Mêmes, à qui appartenoit la roai-fon ; Mancini, neveu du Minifire ; Ma-nicamp, & quelques autres. Iis furent ac-cules d’avoir choifi ce temps-là par déré-glement d’efprit, pour faire quelques dé-bauches, dont les moindres étoient d’a-voir mangé de la viande le Vendredi-faint. Car on les accufa d’avoir commisde certaines impiétés indignes, non-feule-ment de Chrétiens, mais même d’hommes
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