d'Anne d'Autriche. (1659.) 323nourrie & foutenue d’une autre plus vio-lente & plus forte , les pouvoit changer»& c’efi: ce que la Reine appréhendoit.Ces penfées ne lui étoient jamais venuesfur la Comtefle de Soifions : dans cetteoccafion, elle fe fentoit entièrement trou-blée de cet attachement. Enfin, l’efpritdecette PrincelTe ayant eu des foupçons decette nature qui n’étoient que trop rai-fonnables, & qui alloient du moins à laruine de la félicité de l’Infante, qu’ellevouloir faire Reine & heureufe, elle té-moigna au Cardinal , qui fe préparaitpour partir, ce qu’elle fentoit. Elle luifit voir le defir qu’elle avoit de féparer leRoi fon fils de cet objet qui le tenoit at-taché à des chaînes qu’elle trouvoit hon-teufes. Elle voulut montrer au Roi le mi-roir qui fut préfenté à Renaud, non-feu-lement pour le tirer des enchantementsd’Armide, mais pour Pobliger auffi defuir une laide prifon. Elle fe confia dece ddïèin en la fidélité que le Cardinalétoit obligé d’avoir pour elle : ce fut àlui-même à qui elle demanda le remedede ce mal, quoiqu’il lui eût paru avoirfur ce fujet des tentations criminelles ,qu’il lui eût déjà manqué en beaucoup degrandes chofes, qu’il eût ufurpé touteTa puiffance , & qu’il eût pris plaifir à
P vj