d'Anne dAutriche. (1659.) 329compagna jufqu’à fon carroflè, montrantpubliquement fa douleur ; puis il vintprendre congé de la Reine, & partit àl’inftant même pour Chantilly, où il allapaflèr quelques jours pour y reprendredes forces. Il les trouva dans fa raifon,dans fon bon naturel, & dans une ametelle que la fienne, à qui Dieu avoit don-né toute l’élévation néceflaire à un grandRoi.
Par toutes les chofes que j’ai écrites,on peut voir que depuis quelques annéesl’extrême autorité que le Miniftre avoitufurpée dans ce Royaume , avoit telle-ment abforbé la légitime, que la Reine,malgré l’indifférence de fon ame fur ledefir de gouverner , avoit fend , maistrop tard, que ce qu’elle avoit fait pourlui n’avoit pas empêché qu’il ne voulûttenir le Roi pour lui-même; car en biendes occafions, elle avoit connu qu’il ta-choit toujours de la détruire dans foneflime, foit en parlant férieufement, oufoit enfin par des railleries ,‘qu’il faifoitdevant elle même. Quoique la bonté dela Reine & la nobleflè de fon cœur la ren-dît allez aveugle fur la conduice du Car-dinal pour ne le pouvoir foupçonner demalice, il eft certain néanmoins qu’elle fefentit fouvenc incommodée de l’oppofî-