336 Mémoires pour fervlr à FITifl.enfin venue fe repofer & s’aiïeoir. Elleme fit l’honneur de me conter ce qu’il yavoit dans la lettre du Roi. J’étois àgenoux auprès d’elle. Je lui dis que j’a-vois remarqué le marin qu’en achevantde la lire, les larmes lui étoient venuesaux yeux. Elle en demeura d’accord, &dans ce même fentiment, elle me fit l’hon-neur de me dire avec éxagération : LeRoi efl bon ; & répétant ces mêmes mots,elle me dit encore une fois : Je vous af-fure , le Roi efl bon . La Reine alors me fitl’honneur de me parler des chofes quecette lettre contenoit. Par elle, on voyoitqu’il eftimoit la réfiftance qu’elle luiavoit faite, & qu’il en avoit connu leprix. Il lui mandoit avoir une grande im-patience de la voir, & qu’il ne pouvoirvivre content fans ce bonheur ; qu’ilavoit reçu une grande lettre de Moniteurle Cardinal , où il l’exhortoit à lire &à apprendre fon grand métier de Roi,& qu’il étoit réfolu de le faire. En celale Cardinal avoit des fentiments bien dif-férents de ceux du temps paiTé ; mais leRoi étant en âge de juger du bien & dumal» il vouloir peut-être par politiquelui paroîcre vertueux , afin de gagnerfon eftime, parce qu’il s’imaginoit que lapareflè du Roi, qu’il croyoit plus gran-
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