ÆAnne d'Autriche. (1659.) 341loit fort pofitivement de la folie de faniece, qu’il paroiiFoit défavouer.. Il leiouhaitoit alors véritablement, parce que,depuis fon éloignement, elle témoignoitle haïr encore davantage. La Reine, enpardonnant à fon Miniftre la condelcen-dance qu’il avoit eue à Lyon pour les em-portements de cette fille, fe confoloit depenfer en fe moquant de la jaloufie qu’ellefit voir au Roi en lui reprochant l’agré-ment qu’il eut pour ia Princeflè Margue-rite, qu’au moins le fubit changement dece Prince, en faveur de l’Infante, feroitvoir à toute l’Europe qu’il n'avoit defirépour femme que des perfonnes qui, parleur naiflànce & leur grandeur, pouvoienclui convenir en cette qualité; & qu’ayantmême choifi fi promptement enfuite cellequi méritoit d’être préférée à toute au-tre, il étoit impoffîble qu’on pût jamaisle foupçonner d’avoir voulu penfer toutde bon à récompenfer fi hautement lesempreflèments paifionnés de Mad emoiCdlede Mancini.
Le Roi & la Reine s’étant rejoints àFontainebleau , ils parurent en bonneintelligence. La Reine étoit contente d’a-voir Lit fon devoir ; & le Roi étoittrifte d’avoir perdu ce qu’il aimoit; maisfon chagrin, combattu par fa raifon &