S Anne <£ Autriche. (1660.) 337
de Fréjus s’en approchèrent auffi ; 6 c l’In-fante s’étant un peu avancée, alors onlut la procuration du Roi notre maître,& enfuite l’Evêque les maria. Quand ilfallut qu’elle dit ce oui fi coniidérablepour tous, & fi notable pour des per-sonnes de cette naiflânce, elle fit unegrande révérence au Roi fon pere, puisle prononça modeftement. La fécondéfois , elle le dit un peu plus haut; & lacérémonie étant tout*à-fait achevée, ellefe mit à genoux devant le Roi fon pere,qui, en l’embraflànt tendrement, la re-leva ayant les larmes aux yeux, & celanous les y fit venir auflî.
L’Infante Reine étoit petite; maisbien faite : elle nous fit admirer en ellela plus éclatante blancheur que l’on puilfeavoir, & toute fa perfonne de même. Sesyeux bleus nous parurent beaux : ils nouscharmèrent par leur douceur, & leurbrillant. Nous célébrâmes la beauté defa bouche, & de fes levres un peu grof-fes & vermeilles. Le tour de fon vïfageétoit long; mais étant rond par en-bas,il nous plut; & fes joues un peu grof-fes, mais belles, eurent leur part de noslouanges. Ses cheveux étoientd’un blondargenté, qui convenoit entièrement auxbelles couleurs de fon vifage. A dire le
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