d'Anne dAutriche. (1660.) 415le feul moment de chagrin qu’on lui vit,& que fa modeftie la força de fentir»mais enfin, comme on lui eut dit que 3 eRoi étoit déshabillé, elle s’affic à la ruellede fon lit fur deux carreaux pour en faireautant, (ans fe mettre à fa toilette. Ellevoulut complaire au Roi en ce qui mê-me pouvoir choquer en quelque façoncette pudeur , qui l’avoit d’abord obli-gée de -chaflèr de fa chambre tous leshommes, jufqu’au moindre de fes Offi-ciers. Elle fe déshabilla, fans faire nullefaçon ; & comme on lui eut dit que le Roirattendoic, elle prononça ces mêmes pa-roles : Prejio , preflo , quel Rey m'ej'pcra.{ Vite , vite , le Roi m’attend. ) Aprèsune obéiiTance fi ponctuelle, qu’on pou-voit déjà foupçonner être mêlée de paf-fion, tous deux fe couchèrent avec labénédiction de la Reine leur mere com-mune.
Cette Princeflè devint en ce jour-îàbelle-mere de la Reine; mais une auffibonne tante pouvoic bien être appelléemere en tout temps, & la Reine en effetne lui donna plus d’autre nom. Il femblaque Dieu avoir répandu fes gnees furce mariage ; car le Roi témoigna de-puis une grande tendrefiè pour la Rei je,& elle pour lui : il la pria de confeutir
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