d'Anne £ Autriche. (1660.) 5
million de fe préfenter devant elle, pourlui faire la révérence. Cette Reine luimanda qu’elle le vouloit bien , pourvuqu’il ne lui parlât point de fa fille ; mais leRoi fon fils, qui étoit engagé à foutenirce mariage par l’affeétion qu’il avoir pourJe Chancelier, fut fi fortement prelTer laReine fa mere, qu’enfin vaincue par la for-ce qu’il lui fit, & par le confeil de diversSeigneurs, du Comte de Saint-Alban (*),& de l’Abbé de Montaigu , qu’elle con-fentit au mariage. Elle pardonna à fon fils,& reçut pour fa belle-fille la Duchelfèd’Yorck. Les Lords trouvèrent qu’elle ledévoie faire, tant pour faire fes affaires &s’établir un revenu confidérable que leRoi fon fils lui donnoit en fon pays, quepour s’établir eux-mêmes , particuliére-ment le Comte de Saint-Alban , Mitiif-tre de ■ cette Princefle. Il fe fit ami duChancelier, après avoir tenu bon quel-que temps, & fait en apparence le perfon-nage d’honnête homme, qui étoit de nefe rendre que difficilement. Mylord Mon-taigu n’avoit pas de defirs pour la fortu-ne qu’il pouvoit faire en Angleterre : fesattachements étoient en France, par l’a-mitié que la Reine-Mere avoit pour lui ;
(*) Mylord Germain, devenu Comte de Saint-Alban.
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