d’Anne dAutriche, (1660.) ?
mode , & que la Reine aimoit quelquefoisà jouer, cette fomme n’étoir pas fuffifan-te ; car pouvant beaucoup perdre chaquejour, il arrivoit fouvent que l’argent étoitbientôt fini ; de forte qu’elle n’avoit pasde quoi faire des aumônes, ni de quoi fa-tisfaire à fesplaifirs. Le jour desétrennes,on avoit accoutumé de donner à la Reine-Mere, du temps du Roi fon mari, douzemille écus ; mais la Reine n’eut que dixmille livres, dont elle fut fâchée, à cau-feque la Reine fa mere lui avoit dit qu’el-le avoit accoutumé d’avoir douze milleécus. Cette différence lui déplot : elles’en plaignit à la Duchefiè de Navailles.Cette Dame croyant faire un fervice auCardinal, l’en alla avertir, le confeillantde mieux traiter fa maîrreflè : elle lui ditauflï qu’elle étoit fenfibie, & qu’elle con-noiflôir le bien & le mal qu’on lui faifoit.Il lui répondit que la Reine auroit de l’ar-gent quand il lui plairoit d’en demander,fans promettre de lui en donner. Il paruten colere contre la Reine-Mere, de cequ’elle vouloir qu’on donnât à la Reine fafille les douze mille écus dont je viens deparler, & dit avec exagération : Hélas!fi elle favoit doit vient cet argent , &que c'eft le fang du peuple , elle n'en fe~roitfasfi libérale. Lui qui jouoit tous les
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