d’Anne dAutriche. (1660.) 13
Richelieu , & qu’il avoit toujours été fonami dans le temps de fa faveur pafïëe.
Le troifieme jour de Mars, deuxiemejour de Carême, j’allai à Vincennes. LeCardinal Mazarin qui s’étoit mieux portédepuis un jour ou deux, s’étoit trouvé fimal ce même matin, qu’il avoit fallu lui fai-re recevoir le faint Viatique. La Reine-Mere 'fut réveillée avec cette nouvelle :elle l’entendoit hurler les nuits , parcequ’il étoit logé de l’autre côté de fachambre, & fon mal étoit de cette na-ture , qu’il étouffoit continuellement. LeRoi tint Confeil le matin, avant que laReine là mere fût éveillée, & aufii-tôt illui vint rendre compte de ce qui s’y étoitpatte. La Reine-Mere ce même jour-là mefit l’honneur de me dire que le Te!lier,leProcureur-Général Fouquet, & de Lion-ne, étoient deftinés, non pas pour gou-verner , mais pour fervir le Roi, Elle meparla du Maréchal de Villeroi commed’un homme qui aimoit l’Etat, & avoitde la capacité, mais qui étoit foible. Ellecroyoit néanmoins qu’il feroit du Con-feil; ce qui ne fut pas. Elle me parut per-fuadée que le Tellier étoit un homme ha-bile en fa charge, homme de bien, aflèzà elle, mais pas capable de la premièreplace. Elle me fie l’honneur de me dire